Intervention du Professeur Maurice Glelé Ahanhanzo
ancien Conseiller juridique de l'UNESCO
Membre de la Cour Constitutionnelle du Bénin
Altesse Sérénissime,
Eminence,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Dans le grand Message qu'il a délivré devant l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies, dans cette enceinte même, le 5 octobre 1995, Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II fait partager aux peuples et Nations du monde les leçons qu'il tire de ses dix-sept années de pèlerinages pastoraux auprès des Communautés de l'Eglise Catholique à travers le monde. Le Saint-Père met un accent particulier sur l'indispensable respect des différences entre les nations et cultures, comme une des conditions, sinon la condition essentielle de la culture de paix et d'amour que notre monde doit cultiver en cette fin de millénaire. Cette culture s'origine dans la dignité et l'inviolabilité de la personne humaine.
Le Message du Saint-Père s'articule autour de trois constats principaux, ou réalités du vécu et du regard que Sa Sainteté porte sur le monde actuel:
1) "- la réalité de la différence et la riche diversité des cultures;
2) - la différence et la particularité de l'autre ressenties comme un poids ou même comme une menace; ce qui engendre une spirale de violence qui n'épargne personne, pas même les enfants, comme nous l'ont démontré les douloureux évènements des Balkans et d'Afrique Centrale: le Rwanda et la Bosnie-Herzégovine", et le Burundi, que nourrit un nationalisme étroit, exacerbé, à l'opposé du patriotisme véritable qui est constructif non exclusif de l'autre.
3) - au-delà de toutes les différences qui caractérisent les individus et les peuples, il y a entre eux une affinité fondamentale, étant donné que les diverses cultures ne sont en réalité que des manières différentes d'aborder la question du sens de l'existence personnelle".
"Notre respect pour la culture des autres est ainsi fondé par notre respect des recherches que font toutes les Communautés pour répondre au problème de la vie humaine".
De ces trois réalités, le Saint-Père tire les enseignements suivants:
i) - l'importance de préserver le droit fondamental à la liberté de religion et à la liberté de conscience, colonnes essentielles, écrit le Pape, sur lesquelles repose la structure des droits humains et fondement de toute société réellement libre;
ii) - on ne saurait faire abstraction des diversités réelles - ou, pire, tenter d'abolir ces diversités;
iii) - la diversité comme source fécondante de l'humanité: "La vérité sur l'homme est le critère immuable de jugement qui s'applique aux cultures; toute culture a quelque chose à enseigner sur l'une ou l'autre dimension decette vérité complexe ... La différence peut devenir, grâce à un dialogue respectueux, la source d'une compréhension plus profonde du mystère de l'existence humaine...".
iv) - un effort de réflexion devrait être déployé pour "clarifier la différence essentielle qui existe entre une forme insensée de nationalisme,qui prône le mépris des autres nations ou des autres cultures, et lepatriotisme,qui est au contraire l'amour légitime du pays dont on est originaire... "Nous devons nous efforcer aujourd'hui de faire en sorte que le nationalisme exacerbé ne continue pas à reprendre sous de nouvelles formes les aberrations du totalitarisme..."; Cela vaut aussi, évidemment, dans le cas où l'on prendrait comme fondement du nationalisme le principe religieux lui-même, comme malheureusement cela se produit dans certaines manifestations de ce qu'on appelle le "fondamentalisme".
Rapportée à l'État, à la Nation, au Nationalisme et au "Tribalisme" la différence joue dans le monde contemporain une fonction ambivalente: d'une part, elle peut être réductrice et, partant, l'exclusion voire la négation et l'anéantissement de l'autre; n'a-t-elle pas servi de fondement et de justificatif au système de l'apartheid, le développement séparé, en Afrique du Sud ? d'autre part, elle peut être perçue et vécue comme une source d'enrichissement et un instrument de pluralisme, de tolérance. La différence se réfère tantôt à la race, tantôt à la culture englobant la religion. Ramenée à la race, elle engendre les perversions que sont le racisme et la xénophobie (Phénomène que la Commission des droits de l'homme m'a confié le mandat d'examiner et sur lequel j'ai eu à présenter, ici-même, un rapport en novembre dernier).
Lorsqu'on la situe par rapport à la culture, le différencialisme, à l'analyse, apparaît à certains égards, comme la négation et le rejet de l'autre ou par le relativisme culturel.
La différence culturelle postule d'abord la reconnaissance de l'existence d'une culture; or certains peuples ont été longtemps considérés comme sans culture, incapables de produire une culture. Il est vrai, des progrès sensibles ont été enregistrés en la matière, grâce aux travaux des anthropologues, des historiens et des penseurs. La contribution de l'UNESCO dans ce domaine est remarquable. La Conférence Mondiale sur les Politiques Culturelles tenue à Mexico en 1982, a reconnu et consacré la culture comme le produit de l'homme, et de tout homme, de tout peuple ou nation... Déjà, lors de sa visite au siège de l'UNESCO en juin 1980, Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II avait donné le ton et son Message qui reste vivant dans l'esprit de ceux qui, comme nous, l'ont reçu en direct, disait notamment:
"L'homme vit d'une vie vraiment humaine grâce à la culture. La vie humaine est culture en ce sens aussi que l'homme se distingue et se différencie à travers elle de tout ce qui existe par ailleurs dans le monde visible; l'homme ne peut pas se passer de culture. La culture est un mode spécifique de l"'exister" et de l'être de l'homme. L'homme vit toujours selon une culture qui lui est propre, et qui, à son tour, crée entre les hommes un lien qui leur est propre, en déterminant le caractère interhumain et social comme mode propre de l'existence humaine. Dans l'unité de la culture comme mode propre de l'existence humaine, s'enracine en même temps la pluralité des cultures au sein de laquelle l'homme vit. Dans cette pluralité, l'homme se développe sans perdre cependant le contact essentiel avec l'unité de la culture en tant que dimension fondamentale et essentielle de son existence et de son être..." En bref, la culture est le fait de l'homme; tout homme est culture; l'homme crée la culture. Ce qui importe, ce sont les valeurs que véhicule une culture . "N'importe quelle culture, a dit le Pape, est un effort de réflexion sur le mystère du monde et, en particulier, de l'homme: elle est une manière d'exprimer la dimension transcendante de la vie humaine. Le coeur de toute culture est constitué par son approche du plus grand des mystères, le mystère de Dieu.."
La raison raisonnante et la foi s'accordent pour reconnaître l'unité voire l'unicité de l'être humain, et la dignité de la personne humaine. Les tentatives de hiérarchisation des cultures s'avèrent stériles. Comment peut-on soutenir en cette fin de millénaire, qu'il existe des sous-cultures? A quelle aune faut-il mesurer la prééminence d'une culture, d'une nation? Que fait-on de l'homme ?"La Vérité sur l'Homme,écrit le Saint - Père, est le critère immuable de jugement qui s'applique aux cultures; mais toute culture a quelque chose à enseigner sur l'une ou l'autre dimension de cette vérité complexe..."
Il est certain que dans le monde moderne les cultures empruntent les unes aux autres, et s'enrichissent quand bien même on le dénie, les unes des apports des autres. Chaque individu, chaque Communauté ou peuple crée donc sa culture liée à son histoire, à son environnement, à sa perception des autres, de soi et du monde, et de l'au-delà. Il en est résulté entre autres le dialogue entre les différentes Religions du monde; la Religion Africaine traditionnelle, improprement qualifiée d'Animisme, ne s'est-elle pas avérée comme comportant des pierres d'attente des Religions révélees ou du livre, encore qu'une telle affirmation continue de questionner chercheurs anthropologues et théologiens. L'inculturation prônée par le Concile Vatican II en est une belle illustration ainsi que la Rencontre des Religions du monde initiée par le Pape Jean-Paul II, à Assise.
Par ailleurs, grâce aux travaux des savants menés à travers le monde, en particulier sous l'égide de l'UNESCO, on découvre aujourd'hui que des peuples dits an-historiques ont apporté une contribution remarquable au patrimoine culturel de l'humanité, patrimoine devenu commun à tous. Aujourd'hui, en dehors de quelques irréductibles, l'on s'accorde à reconnaître l'universalisme de la raison et la spécificité culturelle. La diversité culturelle est une réalité d'évidence. L'identité culturelle postule la différence culturelle. Celle-ci peut être perçue comme un élément d'opposition, de rejet de l'autre par l'affirmation de soi, de sa communauté ou ethnie. Ainsi assiste-t-on à une tendance à faire de l'appartenance ethnique, avec la résurgence de la tendance à la hiérarchisation des cultures, une volonté d'élimination de l'autre. L'altérité devient un crime, une cause de mort; ainsi pensent et agissent les adeptes de la purification ethnique et de la préférence nationale, théories qui secouent le Nord comme le Sud; on traque ici l'étranger voire le réfugié, là le Bosniaque, là-bas le Tutsi ou le Hutu, ou encore l'Amérindien. Il s'agit là de la perversion de la différence culturelle, absolutisée, du relativisme culturel et de la négation de la pluralité ethnique. La recrudescence du mouvement nationalitaire en Afrique et dans les Balkans par exemple provient de la combinaison de facteurs psychologiques, (comme les préjugés,stéréotypes), politiques -lutte pour le pouvoir, -et économiques; les distorsions régionales, les inégalités et l'injustice sociale sont autant de facteurs qui accentuent l'ethnocentrisme quand ils ne le suscitent pas. Comment expliquer autrement l'origine des antagonismes ethniques et le nationalisme avec la purification ethnique dans l'ex-Yougoslavie, les tueries du Rwanda et les massacres en cours au Burundi, la propagande ethnocidaire des Hutus réfugiés au Zaïre telle que relayée par "Radio démocratie - la voix du Peuple"? sans oublier la cinquantaine de conflits armés ethnico-nationalistes qui secouent le monde, de la question du Chiapas, à l'ex-Yougoslavie, au Soudan, à la Tchéchénie, la Bosnie-Herzégovine.
Phénomène de contagion, résurgence ou explosion d'antagonismes latents et non contenus ? On est porté à penser que c'est le refus d'oeuvrer au bien commun ou l'échec des politiques publiques, le conditionnement psychologique, générant la peur et le mépris de l'autre, encourageant son élimination ou bien sa domination qui nourrissent l'affirmation violente de l'ethnicité et de la nationalité, sans oublier les manoeuvres et manipulations du "Tiers Intéressé" c'est-à-dire la politique des Etats et des puissances d'argent. L'Afrique placée sous dépendance, dont l'élite reste marquée par l'archétype de culture et de modèle politique imposés par le colonisateur, chaque jour investie par les mass-média étrangers et mise sous tutelle par les puissances d'argent n'est pas statique; elle est en pleine évolution. Les rapports interethniques ne sont pas tissés d'invariants culturels! C'est à la lumière de la dynamique de tous ces facteurs combinés qu'il faut s'efforcer d'analyser l'Afrique actuelle.
La multiplicité et la diversité culturelle de l'Afrique sont un fait d'évidence pour tout observateur averti.
Il ne faut pas en faire un épouvantail, un obstacle fondamental au rapprochement des cultures, à la reconnaissance de leurs traits communs. La diversité culturelle, du fait même de la composition pluri-ethnique des populations, se retrouve à l'intérieur même des Etats modernes. A ce niveau aussi elle est reconnue et assumée non pas comme une entrave, mais comme un stimulant enrichissant pour la construction de l'unité nationale, comme l'a déclaré la Conférence sur les Politiques culturelles organisée à Accra en 1975 par l'UNESCO et l'Organisation de l'Unité Africaine: la diversité culturelle qui "représente une réalité vivante en Afrique, loin d'être un élément de division, constitue au contraire un facteur d'équilibre et d'unité et une source d'enrichissement culturel pour chaque Communauté nationale". Mais on peut se demander dans quelle mesure les pouvoirs africains assurent cette diversité culturelle dans leurs efforts de construction d'un Etat-Nation moderne; dans quelle mesure le pluralisme ethnique et culturel inspire-t-il la formation d'un Etat multinational décentralisé ou sert-il de justificatif au jacobinisme hérité du colonisateur européen, à la centralisation et au parti unique, au Parti-Etat, ou à la démocratie Constitutionnelle? On peut se demander également dans quelle mesure les convergences culturelles dégagées par les grands africanistes que furent Westermann et Baumann, Murdock, Herskovits, Maquet, érigées en une puissante idéologie culturelle par Léopold Sédar Senghor, sous la dénomination de la négritude d'Aimé Césaire, l'African Personality de N'krumah, l'Authenticité du Président Mobutu favorisent-elles la réalisation de l'Unité Africaine ou du Panafricanisme si cher à Cheik Anta Diop? L'Europe, avec la remarquable avancée dans la construction de son Unité, ne se trouve-t-elle pas, elle aussi, confrontée à la gestion du pluralisme culturel?
La différence culturelle n'est pas antithétique de l'Etat, de la Nation ou de l'Ethnie, elle se fonde sur la reconnaissance de l'égale dignité de la personne humaine. Elle implique la reconnaissance de l'autre comme un être humain, pareil dans son essence à soi-même et, partant qu'on lui reconnaisse les mêmes droits qu'à soi-même. C'est l'exploitation de la différence culturelle à des fins de politique politicienne qui fait de la différence un danger. La différence associée à des facteurs économiques et sociaux sert de ciment ou de refuge quand l'Etat tombe en déshérence, échoue. Les mêmes causes ne contribuent-elles pas à la résurgence du fondamentalisme? L'être humain, la personne humaine, est au coeur de la différence: l'homme, un et multiple, pour emprunter la belle expression de Platon.
La Conférence de Vienne organisée par les Nations Unies sur les droits de l'homme a axé sa réflexion sur le concept de l'universalité de l'homme, des valeurs de la personne humaine. Les hommes sont identiques et différents. Comme l'a dit à la Conférence de Vienne, le Secrétaire général des Nations Unies, Monsieur Boutros Boutros-Ghali "les droits de l''homme ne sont pas le plus petit dénominateur commun de toutes les nations mais l'irréductible humain... Les droits de l'homme sont, par définition, la norme ultime de toute politique". Certes, il existe des résistances à reconnaître les droits culturels comme des droits de l'homme mais la réflexion devrait être conduite pour déboucher sur cette reconnaissance si l'on admet, et c'est l'évidence, comme l'a dit le Pape Jean Paul II, que la culture est le fait de l'homme, de tout homme, de toute Communauté, nation ou peuple. Il n'est pas étonnant que le VIIIème colloque interdisciplinaire sur les droits de l'homme qui s'est tenu à l'Université de Fribourg les 28 - 30 novembre 1991 ait eu pour thème: "Les droits culturels, une catégorie sous-développée de droits de l'homme". Les travaux de l'UNESCO se poursuivent pour donner droit de cité aux droits culturels comme droits de l'homme, dont le droit à la différence.
Le Message du Saint-Père invite à la même démarche.
Déjà, l'UNESCO a adopté, proclamé et signé le 16 novembre 1995, une "Déclaration de principes sur la tolérance et un plan d'action destiné à donner suite à l'Année des Nations Unies pour la tolérance", 1995, suite à la résolution 49/213 de l'Assemblée générale des Nations Unies. Cette Déclaration considère la tolérance, comme un principe et une condition nécessaire à la paix et au progrès économique et social de tous les peuples. Elle définit la tolérance comme suit:
Article ler
1.1 - La tolérance est le respect, l'acceptation et l'appréciation de la richesse et de la diversité des cultures de notre monde, de nos modes d'expression et de nos manières d'exprimer notre qualité d'êtres humains. Elle est encouragée par la connaissance, l'ouverture d'esprit, la communication et la liberté de pensée, de conscience et de croyance. La tolérance est l'harmonie dans la différence. Elle n'est pas seulement une obligation d'ordre éthique; elle est également une nécessité politique et juridique. La tolérance est une vertu qui rend la paix possible et contribue à substituer une culture de la paix à la culture de la guerre.
1.2 - La tolérance n'est ni concession, ni condescendance, ni complaisance. La tolérance est, avant tout, une attitude active animée par la reconnaissance des droits universels de la personne humaine et des libertés fondamentales d'autrui. En aucun cas la tolérance ne saurait être invoquée pour justifier des atteintes à ces valeurs fondamentales. La tolérance doit être pratiquée par les individus, les groupes et les États.
1.3 - La tolérance est la clé de voûte des droits de l'hommme, du pluralisme (y compris le pluralisme culturel), de la démocratie et de l'Etat de droit. Elle implique le rejet du dogmatisme et de l'absolutisme et conforte les normes énoncées dans les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme.
1.4 - Conformément au respect des droits de l'homme, pratiquer la tolérance ce n'est ni tolérer l'injustice sociale, ni renoncer à ses propres convictions, ni faire de concessions à cet égard. La pratique de la tolérance signifie que chacun a le libre choix de ses convictions et accepte que l'autre jouisse de la même liberté. Elle signifie l'acceptation du fait que les êtres humains, qui se caractérisent naturellement par la diversité de leur aspect physique, de leur situation, de leur mode d'expression, de leurs comportements et de leurs valeurs, ont le droit de vivre en paix et d'être tels qu'ils sont. Elle signifie également que nul ne doit imposer ses opinions à autrui.
En bref la tolérance est une exigence ethique, morale, elle est l'acceptation de l'autre dans sa culture, dans sa différence. C'est pourquoi le Saint-Père insiste sur la nécessité de "penser et (de) vivre les différentes identités culturelles et (de) travailler à leur pleine mise en oeuvre comme richesse commune du patrimoine culturel de l'humanité ". Et il poursuit "Nous ne devons pas avoir peur de l'avenir. Nous ne devons pas avoir peur de l'homme". Cette exhortation nous invite à méditer l'adage latin "Homo homini lupus est" et l'adage sénégalais "l'homme est le remède de l'homme".
En lui, par son existence qui s'impose à moi, dans toute sa dignité, l'homme, est mon vis-à-vis: par essence, par nature, il est mon semblable mais il peut être différent, je dois reconnaître en lui, un autre moi, et comme je tiens à ma vie, qu'on me respecte, je me dois aussi de respecter l'homme, reconnaître sa dignité, à défaut de l'aimer. Le droit à la différence implique la démocratie sur le plan national. Elle se traduit par la liberté de conscience et de pensée: en démocratie je dois accepter que mon conjoint, mon fils puissent penser autrement que moi, qu'il ait son choix de société. Le fon (ethnie du Bénin) que je suis doit accepter le Dendi (autre ethnie du Bénin) et le Somba (ethnie du Bénin). Ensemble, nous devons bâtir l'Etat-Nation du Bénin qui traduit la volonté de vivre ensemble nos différences.
Le droit à la différence s'exprime par le pluralisme au plan national, par le fédéralisme, ou une large décentralisation. A cet égard, la récente formation du Gouvernement d'Union Nationale en Espagne, prenant en compte les différences est à méditer. La démocratie s'impose également, sur le plan international, dans les relations entre Etats et Nations.
Somme toute, l'homme dans son universalité et dans sa différence est appelé à vivre en démocratie en fondant toute sa vie, tout son comportement et son action, sur la reconnaissance au quotidien, des droits de l'homme: ceux de sa personne et ceux de l'autre: son humanité et celle de l'autre. Ainsi comme les droits de l'homme, la démocratie revêt une dimension universelle. Il faut revenir à l'homme, rallumer la lanterne de Diogène. La voie royale qui conduit à cette conception de l'humanité est l'éducation aux droits de la personne humaine et à la paix, l'acceptation de la différence.
